Description
ll y a des photographies que l’on porte longtemps en soi avant de pouvoir les réaliser. Celle-ci est l’une de mes préférées.
Dix fois, cent fois, j’étais revenu devant cet arbre solitaire, sculpté par les vents et enveloppé par les neiges du Mont Ventoux. Chaque fois, j’avais imaginé une présence sauvage dans ce décor d’une pureté presque irréelle.
Et puis, un jour, le rêve est devenu réalité.
Un renard est apparu. Sans se soucier de moi, il s’est mis à muloter, entièrement absorbé par sa quête de nourriture, au pied de cet arbre que je connaissais si bien.
Tout était enfin réuni : la neige, la silhouette majestueuse de l’arbre, la douceur de la lumière et cette petite vie sauvage venue habiter l’immensité blanche.
À cet instant, je n’ai rien voulu de plus. Après tant d’attente, la nature m’offrait exactement ce que j’avais espéré, sans jamais pouvoir le provoquer.
Il m’aura fallu revenir cent fois pour vivre quelques secondes de grâce.
C’est peut-être cela, la photographie animalière : apprendre à attendre assez longtemps pour que le rêve, un jour, traverse le cadre.

coup de coeur






