L’enfant du pays, l’œil du sauvage
On ne choisit pas le Ventoux, c’est lui qui vous adopte. Né au pied du Géant de Provence, j’ai grandi au rythme de ses saisons, de ses vents et de ses silences. Pour moi, la photographie n’est pas arrivée comme une technique, mais comme une nécessité : celle de rapporter la preuve que la beauté existe encore, juste là, derrière le dernier hangar, au détour d’un sentier de lavande ou sur une crête blanchie par le givre.
Plus qu’un photographe : un passeur
Mon travail ne s’arrête pas au déclenchement de l’obturateur. Chaque image est le fruit d’une immersion lente, souvent invisible. Je ne cherche pas le « trophée », mais la rencontre. Que ce soit pour le retour du loup, le vol majestueux de l’aigle royal ou le quotidien des agriculteurs qui façonnent nos paysages, ma démarche est la même : témoigner pour protéger.
À travers mes livres — comme Renaissances Sauvages et Lavandes Vivantes — et mes tirages d’art, je cherche à offrir un « sursaut » : une émotion qui nous rappelle que nous faisons partie intégrante du vivant.
Fondateur de Sursaut Nature
En 2023, mon engagement franchit une nouvelle étape avec la structuration du mouvement Sursaut Nature. Ce projet est l’aboutissement de mon parcours. Il s’agit de transformer la contemplation solitaire en une action collective.
Je crois en un art qui sort des galeries feutrées pour investir le territoire : à l’hippodrome de Sault, sur les murs de nos villages, ou lors de soirées partagées autour des produits de notre terre. Sursaut Nature est mon « cri calme », une invitation à refuser l’uniformisation du monde pour célébrer la part de sauvage qui nous entoure.

Ma philosophie : La vérité du terrain
Quand vous acquérez l’un de mes tirages ou que vous rejoignez l’une de mes immersions nature, vous n’achetez pas un produit. Vous soutenez une vision :
- L’indépendance : Un travail libre de toute pression commerciale.
- L’éthique : Un respect absolu de la tranquillité animale.
- La transmission : Une volonté farouche d’éveiller les consciences, des plus petits aux plus grands.
Le Ventoux est ma source, le sauvage est ma boussole.
Je ne traverse pas le Ventoux, je m’y infiltre. Je suis l’homme de la lisière, celui qui a compris que la seule aristocratie qui vaille encore est celle de la patience. Dans une époque possédée par le démon de la vitesse et la laideur du béton et de la tôle, j’oppose le silence de l’affût.

Photographe ? Le mot est trop faible, trop technique.
Disons plutôt : sentinelle.
Je reste immobile dans le givre pour que vous n’ayez pas à le faire, pour vous rapporter la preuve que le « sauvage » n’est pas une abstraction de dictionnaire, mais une réalité qui respire, qui nous observe et qui nous survit. Mon travail n’est pas une simple collection d’images ; c’est un acte de résistance contre l’effacement.
Avec le mouvement Sursaut Nature, je ne crée pas un festival, j’érige un bastion. Je vous rappelle que le paysage est une nourriture et que la beauté est une hygiène de l’âme. Regarder une de mes photos, c’est s’offrir un luxe inouï : celui de s’arrêter pour écouter le vent tourner sur la crête et le loup reprendre son royaume.
« Nicolas ne nous montre pas la nature. Il nous montre ce qu’il reste de notre propre liberté. »

Sursaut Nature, le bastion du vivant
« Le paysage est une nourriture. La beauté est une hygiène de l’âme. »
Le projet Sursaut Nature naît d’une conviction profonde : face à l’uniformisation du monde et à la défiguration de nos paysages, il est urgent d’opposer une résistance. Non pas une résistance de cris et de slogans, mais une résistance de l’image, du silence et du territoire.
Pourquoi Sursaut Nature ? Parce que nous refusons le modèle de la consommation frénétique, même dans la culture. Là où d’autres cherchent le spectaculaire et la foule, nous érigeons un bastion du « Slow » et de l’authenticité.
Nos trois piliers stratégiques :
- L’Aristocratie du Silence : À travers la photographie de conservation, nous redevenons les sentinelles du Ventoux. Nos expositions ne sont pas des galeries, ce sont des fenêtres ouvertes sur la part sauvage de notre propre royaume.
- L’Ancrage Territorial : Sursaut Nature appartient à sa terre. En associant l’art, la gastronomie locale et la pédagogie, nous prouvons que l’économie de demain sera celle du respect et de la proximité.
- Le Sursaut Éthique : Nous ne montrons pas la nature pour qu’elle soit consommée, mais pour qu’elle soit protégée. Chaque partenaire qui nous rejoint n’investit pas dans un événement, il s’engage dans une mission de sauvegarde de notre patrimoine commun.
Rejoindre Sursaut Nature, c’est choisir le camp du vivant contre l’effacement. C’est transformer la contemplation en un acte politique et poétique.

La Sentinelle du Plateau : Veiller sur l’Invisible
Être une sentinelle, ce n’est pas seulement regarder ; c’est monter la garde.
Dans la géographie tourmentée du Ventoux, la sentinelle est celui qui accepte l’immobilité pour que le mouvement du monde lui soit révélé. Pendant que la civilisation s’agite dans la vallée, la sentinelle s’enfonce dans le givre, se fond dans le calcaire et attend. Elle attend le retour du loup, le passage de l’aigle royal, ou ce frisson de lumière qui annonce l’aube sur les lavandes.
Pourquoi cette vigilance est-elle nécessaire ?
Parce que ce que l’on ne voit plus finit par ne plus exister. Dans l’aveuglement de la modernité, nos paysages saturent de panneaux, de hangars et de bruits. La sentinelle, elle, traque la persistance du sauvage. Par l’objectif, elle capture les preuves que le vivant résiste. Chaque cliché est un rapport de garde, un témoignage envoyé à ceux qui ont oublié que nous partageons ce sol avec une aristocratie de plumes et de poils.
La sentinelle ne prend pas, elle reçoit. Elle ne cherche pas l’image spectaculaire, elle cherche l’image juste. Celle qui dit : « Ici, la vie bat encore. Ici, le silence est un sanctuaire. » Être la sentinelle de Sursaut Nature, c’est assumer cette responsabilité : ne jamais détourner les yeux. C’est transformer la patience en une arme de protection massive. En montrant la fragilité d’un regard de renard ou la puissance d’une crête balayée par le Mistral, la sentinelle réveille chez celui qui regarde un instinct oublié : le désir de protéger son royaume.
Le Ventoux n’a pas besoin de nous pour exister, mais nous avons besoin de sa part sauvage pour rester debout.
Le Ventoux se passe de nous. Il a connu les glaciations, les érosions millénaires et le passage des loups bien avant que l’homme n’y trace ses premiers sentiers. Cette montagne est une masse de calcaire souveraine qui n’attend aucune validation de notre part.
Mais l’inverse n’est pas vrai. Nous avons un besoin vital de sa part sauvage pour ne pas nous effondrer.
Le miroir de notre humanité
Le « sauvage », ce n’est pas le désordre, c’est l’ordre du monde qui n’a pas été dicté par l’homme. En observant le vol de l’aigle ou le passage furtif d’un chevreuil sur le plateau de Sault, nous nous rappelons que nous ne sommes pas les propriétaires de la Terre, mais ses invités. Cette humilité est le seul remède à l’arrogance d’une époque qui veut tout rentabiliser, tout éclairer, tout clôturer.
La résistance contre l’asphyxie
Vivre entouré de hangars multicolores et de surfaces lisses, de monoculture, c’est condamner notre regard à la pauvreté. La part sauvage du Ventoux est notre poumon spirituel. Sans ces lisières d’ombres, sans ces crêtes où le vent dicte sa loi, l’homme devient un rouage, une unité de consommation. Sursaut Nature se bat pour préserver ces espaces de « gratuité » et de beauté pure, car ce sont les seuls endroits où l’on peut encore rester debout, la tête haute, face à l’immensité.
Une boussole pour demain
Protéger le vivant sur notre territoire, ce n’est pas seulement sauver des espèces. C’est sauver notre capacité à nous émerveiller. Un enfant qui apprend à lire une trace dans la neige développe une acuité et une empathie que nul écran ne pourra jamais lui offrir. En défendant la part sauvage du Géant de Provence, nous maintenons ouverte une porte vers l’essentiel.
Détruire ce qu’il reste de sauvage, c’est scier la branche sur laquelle repose notre santé mentale. Sursaut Nature n’est pas là pour sauver la montagne, mais pour nous sauver de l’oubli de la montagne.
À travers Sursaut Nature, nous ne vous proposons pas d’investir dans un événement de passage, mais de rejoindre un acte de légitime défense de la beauté. Dans un siècle qui défigure, choisir de soutenir une sentinelle, c’est refuser la fatalité de la laideur. C’est affirmer que le regard d’un loup dans la brume ou le silence d’un plateau enneigé ont plus de valeur que l’alignement des hangars multicolores et le reflet froid des champs de panneaux photovoltaïques..
Soutenir ce projet, c’est inscrire votre nom dans la pierre de notre territoire. C’est permettre à ce « cri calme » de résonner plus loin, pour que demain, nos enfants n’aient pas besoin de livres d’histoire pour savoir ce qu’était un paysage intact.
Nous avons le territoire. Nous avons les images. Nous avons la détermination. Il ne nous manque que votre engagement pour transformer cette vision en un rempart durable. Ne vous contentez pas d’être spectateurs de notre époque. Soyez, avec nous, les gardiens de ce qu’il nous reste d’essentiel.
Rejoignez le Sursaut. Le vivant n’attend pas

Lettre aux futurs gardiens du Ventoux
« À toi qui ouvres les yeux sur cette terre,
Le monde te dira bientôt que tout s’achète, que tout se transforme et que la vitesse est une réussite. On te montrera des écrans lisses et des paysages de béton en te disant que c’est là le progrès.
Ne les crois pas tout à fait.
Garde une place en toi pour le sauvage. Apprends à reconnaître le silence du plateau sous la neige, le parfum de la lavande sauvage après l’orage, et le cri du rapace qui patrouille dans l’azur. Ce ne sont pas des décors, ce sont tes racines.
Être un gardien, ce n’est pas posséder la terre, c’est veiller sur elle. C’est comprendre qu’un arbre centenaire ou le passage d’un loup ont une sagesse que nulle machine ne pourra égaler.
Nous te transmettons aujourd’hui les clés de ce royaume. Non pas pour que tu le domines, mais pour que tu le protèges. Apprends à lire les traces, à écouter le vent, à respecter l’ombre des forêts. Car tant que tu sauras t’émerveiller devant la beauté d’un monde intact, tu resteras un homme libre.
Le Sursaut commence par ton regard. »
Nicolas Ughetto Pour l’association Sursaut Nature


