■ Les grands vautours fauves s’installeraient-ils dans les gorges de la Nesque ?



Jeudi 1er novembre 2012, après trois jours de tempête avec du vent très violent et de légères chutes de neige, je décide de m’aventurer, au petit jour, dans les Gorges de la Nesque.

Record de température sur le plateau, en plein champ, à moins 10 degrés, déjà !  Il faut dire qu’octobre a été radieux et que cela surprend !

Un léger vent glacial fait subitement passer la température de 6 degrés à moins 3 degrés, un léger brouillard givrant m’enveloppe subitement, je suis sur l’esplanade du belvédère des gorges et je profite du spectacle rare d’observer passer les lourds nuages en dessous de moi, presque au fond des gorges.

Le temps de me retourner et ma voiture se retrouve, subitement, en quelques minutes, blanchie de givre…l’impression de grand froid augmente encore quand certains nuages se mettent même à  m’envelopper  entièrement : visibilité réduite à presque rien.

De longues minutes passent et le grand rocher du cire apparait puis disparait alternativement… Puis soudain,  c’est le déchirement et le grand ciel bleu.

Face à moi des traces des chutes de neige de ces derniers jours révèlent et subliment les drailles de la faune sauvage.

Cordées de chamois et de sangliers apparaissent comme dessinées à la chaux.

Soudain une grande ombre noire défile sur le flanc  en face  finit par rejoindre la pointe d’un  grand rocher au soleil. Le temps de faire la mise au point et …je n’ai plus de doute, c’est un vautour fauve qui profite du soleil matinal.

D’autres le suivent et c’est maintenant un balai d’une dizaine d’individus qui décollent et recherchent la chaleur des premiers rayons de soleil, certains se posent à la cime des grand cèdres d’autres au milieu des grandes gravières.

Tels de grands voiliers, ou des cormorans géants, ils finissent alors par étendre leurs ailes empruntées  afin d’augmenter leur surface d’exposition au soleil. Quel spectacle !

Dommage que cela se passe à plus de 200 mètres de moi . Mais après plus d’une demi-heure d’attente stérile,  ils finissent par s’envoler et se poser sur les pitons rocheux sur le même versant que moi.

Le même versant que moi , mais, en dessous de moi, encore trop loin…

Je décide alors de tenter une approche.

A ce jour je ne savais pas qu’ils étaient installés  dans les gorges. Est-ce à cause des mauvaises conditions météo de ces derniers jours, ou sont-ils tout simplement en train de coloniser les gorges ? il faut dire que la place de manque pas ici, mais qu’en sera-t-il de la cohabitation avec l’aigle royal et le percnoptère ? L’avenir le dira.

En chemin,  des bruits étranges me remontent des profondeurs des gorges. Des grognements, des claquements de dents, des ruissellements de pierrailles, autant de signes de présence de  la grosse bête noire .

Ils me stoppent dans mon élan un moment, mais le plaisir d’approcher les grands vautours face au Ventoux me redonnent du courage.

Les grands corbeaux et les corneilles ne l’entendent pas ainsi et leur font déjà savoir qu’ils ne sont pas les bienvenus ; rares sont les moments de tranquillité pour ces rois du vol libre, sans cesse harcelés par des attaques, des esquives  et des croassements belliqueux.

Enfin dissimulé dans un genévrier de Phénicie,  je réussis enfin à  trouver un bon angle pour les surprendre. Deux individus me tournent le dos et un seul me fait face, les autres sont encore plus bas. Je peux enfin déclencher…


Voici mes photos témoignant de leur présence (galerie oiseaux).

A suivre, comptez sur moi pour continuer les observations.