■ Dimanche 26 février - Il se jette du haut du rocher du Cire…

Après l’envol du faucon pèlerin et de l’aigle royal… un homme volant dans les gorges !



Alors que je me trouve sur les un banc de rocher  pour observer d’éventuels mouvements de mes grands rapaces préférés, je finis par localiser, en face de moi,  2 individus sur le sommet du rocher du Cire.

Ma première remarque est que ce sont 2 courageux car là où ils sont il n y’ a pas de draille ni de chemin. J’en profite pour faire quelques images en les photographiant afin de pouvoir donner une échelle à cette falaise.



Je suis sur le versant opposé au rocher du Cire, à vol d’oiseau  un bon kilomètre nous sépare.

Il est 8 h 30 du matin. Au loin les dernières menées de chiens courants se font entendre il fait grand beau mais un peu frais.
Le panorama est grandiose. La route pittoresque est silencieuse en cette matinée , elle contraste bien avec le vacarme des essais de voitures et de motos qui  la veille déjà, entre 11 h et 14 h puis 16 h et 18h, envahissait tout. Moment privilégié donc avant le coup de folie de midi et la redescente périlleuse.
Les clochettes des chèvres « sauvages » se font entendre et me permettent rapidement de les localiser . Le murmure incessant des pierres dévalant les éboulis des gravières laisse de temps en temps apercevoir une harde de sangliers qui parfois s’évapore dans les chênes verts avant de réaparaitre…
Tiens, ces 2 individus s’approchent vraiment beaucoup du bord ; attitude étrange tout de même pour des randonneurs,  L'un des deux me paraît plus téméraire que l’autre…

9 h 30
Il fait nettement meilleur maintenant au soleil et c’est le moment que choisit la femelle aigle royal pour venir  survoler mon aire d'observation à environ 250 mètres de moi ; puis  assez rapidement le mâle la rejoint… fin des parades nuptiales c’est fascinant de les voir ainsi évoluer...Déjà ils disparaissent.
Un bruit de fond : c’est la voix de ces 2 individus qui s’activent un peu plus encore sur le rebord du rocher. Décidément que font-ils ?  Pas d’appareil photo en vue, pas de jumelles non plus ; mais que font-ils ?  Ils ne sont pas discrets du tout. Ils ne sont pas là pour la faune sauvage, c’est maintenant une certitude.

10 h 00
Je quitte ma veste. Si les royaux pouvaient revenir, le temps d’un survol, avec en toile de fond le rocher du Cire... Hélas !.
Je suis alors du regard le balai incessant des grands corbeaux qui deux par deux font des acrobaties.
Tiens, cette fois les 2 individus s’équipent d’un casque et d’un gros sac à dos ! Je crois comprendre ce qui ils sont venus faire. Le temps de me préparer et d’installer mon trépied que déjà le premier s’élance. Oui, après un course d'élan, il se jette dans le vide... Je reste ébahi ! Le temps d’une courte chute libre,  déjà la parachute s’ouvre.
Je fais de mon mieux pour le photographier. Ca y est, sa voile est totalement ouverte. Le temps de changer d’optique afin de mettre en scène le rocher du Cire dans son intégralité, c’est déjà l’atterrissage dans les pierriers.


Le premier m'a surpris. J’attends maintenant l’envol du second, mais ils communiquent entre eux. J’imagine que c’est pour se dire que les conditions ne sont pas bonnes. Il n’y a pas eu à proprement parlé de vol, très rapidement, il s’est retrouvé au sol.
Croyez-moi, là où il est, il va bien lui falloir 3 bonnes heures de marche avant de rejoindre la route.



Moi aussi j’aimerais être un oiseau pour survoler les gorges et le Ventoux,. Cela doit être magique de là- haut, mais aujourd’hui le faucon et l’aigle royal ont dû avoir une grande frayeur, une de celles qu’ils connaissent déjà lors des manœuvres militaires et des survols des avions de chasse près de leur zone de nidification.
Les beaux jours arrivent et les amateurs de sensations fortes aussi . Alors, Les gorges de la Nesque et le rocher du Cire nouveau spot de base jump ?
Ces deux hommes ont-ils fait preuve d’un grain de folie, d’inconscience, de courage ?
Je vous laisse seul juge !