■  Le Ventoux et son Sommet

 D’abord il y a la clarté…, la lumière de l’aube enveloppant tout dans la douceur de ses bras, puis l’air se fait alors encore plus vif…Au loin quelques nuages immobiles dessinent des ailes d’ange puis vient doucement le juste contour des choses et sa silhouette immense : le Mont Ventoux se dresse devant moi…(1912 m)
Voici mon témoignage sur  ce géant de nature, incontournable et inoubliable, intimement lié à mon horizon, il s'impose à mon regard, il me domine il me fascine, il me séduit.
Cette montagne, elle m’appartient un peu, du droit abusif de mille souvenirs d’enfance mais surtout de rencontres.    

 «  Les cascades du Ventoux sont des ruissellements de pierrailles ; le bruissement des roches éboulées y remplace le murmure des eaux » disait J.H Fabre.
Pour moi, chaque cliquetis de pierres sur les crêtes dénudées est un indicateur de présence animale.
Suivant les « drailles » faites par les passages successifs des animaux, je m’engage et m’enfonce dans la montagne, sur des éboulis blancs où de vieux pins tortueux  évoquant des bonzaïs géants, tentent de survivre.
J’avance silencieusement sur ce sol instable, et découvre, parsemés, des îlots de végétations multicolores agrippés à son flanc, quand soudain… les voilà… ils sont là !

Je décide de m’immobiliser au pied d’un de ses arbres morts majestueux et me prépare à déclencher.
Une mère et son éterlou sont figés comme paralysés par la peur que je leur prête ou la surprise de me voir sur cette pente de prés de 60°. Je ne bouge plus… ils m’observent un instant… inquiets mais pas affolés. Je pense alors qu’ils ne vont pas tarder, en  un bond, dix bonds à dévaler la pente … Cela me donne d’effroyables battements de cœur… Erreur, voilà que le jeune se met à brouter, suivi un peu plus tardivement de sa mère !
C’est à pied qu’il faudra vous lancer dans l’aventure au travers des vallons étroits et des combes désolées mais d’une beauté sauvage.
Ce tour d’horizon des versants sud et nord vous montrera les différents visages de ce géant, tantôt ridé et sombre, tantôt souple et lumineux.

On peut faire de la photo, non pour se fuir, chose impossible, mais pour se trouver. La photo devient alors un moyen. Il est  vrai que dans les immenses solitudes que doit traverser un photographe, il existe quelques lieux, quelques instants privilégiés où la vue d’une scène ou d’un paysage agit sur nous : le Mont Ventoux est l’un d’entre eux..

Mythique et emblématique, notre géant, mérite que l’on se donne la peine de le découvrir et je vous l’assure vous en repartirez  différent, enrichi !..... même avec la crise !