■ Le Ventoux c’est avant tout son piémont et ses paysages aux senteurs et couleurs de Provence.

Ses paysages rassurent les âmes citadines en quête de sérénité et d’authentique et pour celles qui savent observer, ils recèlent de merveilleux trésors.
Pour les découvrir, je vous invite à vous promener dans le haut Vaucluse, dans la deuxième semaine de juillet, obligatoirement.
Remontez les gorges de la  Nesque et rejoignez, Sault, chef lieu du Canton.
Planté sur son socle rocheux, ce village est cerné de champ de lavandes et de chênes centenaires qui, dans les longs mois d’hiver, gémissent sous la folie du mistral et parfois sous le poids de la neige.

On le nomme « Le pays bleu », à cause de la couleur violine des nombreux champs de lavandes et lavandins qui lui servent d’écrin, de la mi juin à la mi-août.
Souvent, au petit matin frais je quitte mon village encore endormi, les collines bleutées sont devant moi, souveraines et si sauvages.
J’aime longer, tous les sens en éveil, d’interminables rangées de lavandins, aux courbes féminines et avancer prudemment dans les premiers rayons du soleil, qui commencent à exhaler les parfums poivrés de thym et de sarriette.
Extraits :
«  … Là, à cinquante mètres environ, gité comme une statue, un bouquin ou peut être une hase, me fait face…
Je feins de l’ignorer…je m’éloigne… le contourne puis reviens vers lui lentement. Enfin à portée raisonnable de l’objectif… je m’exécute… ».

« …Une autre approche en hiver, me permet de rencontrer d’infatigables  mouflons dans une de leurs séances d’entraînement au saut de haies… »

 

■ Le Ventoux et sa forêt :  « Va prendre des leçons de nature !»

On a du mal à  imaginer le Ventoux sans sa forêt, mais le Ventoux sans ses hôtes ?
Qu’elle soit usine à bois, terrain de chasse, base de loisirs ou réservoir de biodiversité autant de vocations qui lui confère le nom de trésor vert en opposition à sa partie sommitale d’une blancheur lunaire.
Pour moi, lieu magique et fragile alliant parties de cache-caches interminables et inoubliables et purs moments de méditation.
Au cœur de ses sous bois une vie intense et mystérieuse s’épanouit au gré des saisons. Les sous bois servent de cadre à une véritable leçon de sciences de la vie pour qui prête attention à ce qui l’entoure. Voir , écouter, sentir,  toucher, explorer…. « Va prendre tes leçons dans la nature » disait Léonard de Vinci.
Au cœur d’un des vallons j’ai découvert une forêt de grands pins qui, au lever du soleil, s’illuminent et donnent à ses troncs une dimension incroyable, un peu comme une cathédrale végétale.
C’est aussi un des rares moments où son sol et son sous bois sont éclairés. La forêt devient alors tout un univers d’ombres et de lumières, d’immobilité et de mouvements…La patience fait alors le reste et laisse apparaître, du cœur de ses grands arbres, des fantômes bien vivants ; ce lieu pour moi respire la magie et les animaux ne s’y trompent pas. A l’abri du vent, de la neige et proche d’une réserve, ils  s’y sentent en quasi sécurité, voici donc un des cadres de mon odyssée photographique. Place maintenant aux acteurs… car je sais que naturellement  viendra le moment où eux aussi  regarderont et se dirigeront du coté de la forêt…

 Il faut la voir lorsqu’elle est recouverte de son manteau immaculé, elle est méconnaissable et le dépaysement y est total. Cet hiver 2008 fut particulièrement froid est blanc, serait-ce déjà les prémices d’un changement climatique ?… Il faut la voir alors courbant l’échine sous le poids du doux envahisseur.
« … arbres surchargés en hiver par le poids de la neige, battus toute l’année par les furieux coups d’haleine du mistral, beaucoup sont ébranchés, tordus dans des positions bizarres… » J.H Fabre
A son pied tout est assoupi, même plus bas sur son piedmont, les terres cultivées recouvertes de lavande ont disparus, tantôt champs de bosses aux doux reliefs ou alors collines gonflées par les congères.
Pas une trace, pas même un craquement, seul le bruit de mon cœur qui bat sourdement dans ma poitrine. Tout ici incarne la sérénité.
Plus haut « on atteint les hêtres, d’abord larges buissons, isolés, trainant à terre, bientôt arbres nains, serrés l’un contre l’autre enfin troncs vigoureux, forêt épaisse et sombre, dont le sol est un chaos de blocs calcaires.… traverser la zone boisée, qui de loin, apparaît sur les flancs du Ventoux comme une ceinture noire… » J.H.Fabre.
Même le chamois là haut compte sur la forêt, et la forêt compte sur le chamois aussi..
Fin septembre est déjà là, les grands bois  résonnent des brames du seigneur des lieux... les arbres s’enflamment de mille et une couleurs..